Biographie

Mon parcours artistique débute à l’ECG en option art. Cette formation me mène vers une année passerelle en communication visuelle, puis à la HEAD – Genève pour un Bachelor en Sculpture, installation et espace. J’y rejoins le post-grade ALPES et réalise une œuvre in situ sur la plaine de Plainpalais, durant le chantier de la zone. Cette expérience m’oriente vers le design et, après une année comme maquettiste en architecture et urbanisme, j’intègre le Master Espace et Communication à la HEAD.

Marie B Céramique

En 2013, une opération due à une malformation cérébrale interrompt brutalement mon parcours et me rend malvoyante. Les années suivantes sont consacrées à la convalescence et à la maternité. Lorsque le désir de créer revient, je choisis consciemment un retour vers la céramique, avec l’envie d’un rapport direct à la matière, au geste et au contact avec la terre. Je tente d’abord de reprendre la sculpture, mais la comparaison avec « l’avant » est trop lourde.

Marie B Céramique

La découverte du tournage marque un renouveau. Nouveau médium, nouveau départ : je n’ai pas de référentiel antérieur, et ma déficience visuelle y a un impact limité. Après une année de cours, je poursuis en autonomie dans un atelier associatif, où je construis mon langage. Très vite, les urnes funéraires s’imposent. C’est pour moi une manière de relier la création à la mémoire, de concevoir des objets intimes qui accompagnent et témoignent.

Marie B Céramique

Je conçois chaque urne comme un espace de transition. Je travaille proportions, poids, équilibre, douceur des lignes, profondeur des émaux, justesse du couvercle : un dialogue constant entre technique, émotion et usage. Ces pièces deviennent un terrain de recherche où la matière rejoint le sensible.

Aujourd’hui, je présente mes urnes à la vente et je vis pleinement mon statut de céramiste. Ce long parcours de transformation m’a conduite à ma place : celle d’une artiste-designeuse pour qui la terre est un territoire de résilience et de renaissance.